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Le scriptorium d'Albi : l'exposition

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L'activité du scriptorium d'Albi est attestée dès le VIIe siècle et connaît son apogée au XIIe siècle : si les VIIIe et IXe siècle se remarquent par la cohérence des collections rassemblées, les dernières décennies du XIe siècle et les premières du XIIe siècle se distinguent par la qualité esthétique des manuscrits.

La fondation carolingienne

Photo du manuscrit 29Voir l'image en grand Manuscrit 29Dès le VIIe siècle et jusqu'aux alentours de l'an mil, les clercs de la cathédrale Sainte-Cécile recopient et réunissent des livres juridiques, théologiques ou liturgiques qui constituent des collections d'une remarquable cohérence. Albi apparaît alors comme un des centres méridionaux les plus rayonnants de la réforme culturelle carolingienne. Ce n'est pas alors la qualité esthétique mais le contenu textuel qui fait la richesse de ces collections. L'un des manuscrits les plus anciens – fin du VIIe-début du VIIIe siècle – conserve ainsi la plus ancienne mapa mundi aujourd'hui connue.

L'ensemble des ces textes témoignent du renouveau intellectuel du Haut Moyen Âge, où se mêlent l'assimilation de l'héritage antique et la fondation de la culture chrétienne médiévale.

Aux origines de la notation musicale

Photo du manuscrit 30Voir l'image en grand Manuscrit 30Le scriptorium d'Albi, avec Moissac et Toulouse, fait partie des trois centres du Sud de la France où la notation musicale aquitaine atteint sa perfection graphique. Le dépouillement mené pour l'exposition a révélé que la bibliothèque conserve au moins treize manuscrits contenant des annotations musicales datant du IXe au début du XIIe siècle, ce qui est particulièrement exceptionnel. Parmi ces manuscrits, ont été découverts les musiques inédites des offices de sainte Cécile et de saint Salvy, les deux principaux saints vénérés en Albigeois, ainsi qu'un office inédit dédié à saint Beaudile, vénéré dans la région de Nîmes. [Ill. Albi, BM, Ms. 30 (280)]. Mais le plus célèbre de ces manuscrits reste sans aucun doute le Graduel d'Albi [Albi, BM, Ms. 44 (30)], rédigé vers la fin du IXe ou du début du Xe siècle et qui est tenu comme le plus ancien des graduels-antiphonaires romano-francs méridionaux conservés. Son intérêt est double. Il contient d'abord la plus ancienne attestation de notation musicale archaïque, dite aussi protoaquitaine, qui sera ensuite adoptée dans tout le midi médiéval. Cette notation se caractérise par des neumes dont les variations de forme (virgule, point ou trait) traduisent le rythme de la mélodie. Mais ce Graduel est aussi le plus ancien témoignage connu de la pénétration de nouveaux usages liturgiques francs dans le Midi.

L'apogée du style albigeois : Sicard et l'art 1100

Photo du manuscrit 45Voir l'image en grand Manuscrit 45L'époque romane, qui est aussi le temps de la réforme grégorienne, se traduit par une nouvelle période florissante du scriptorium d'Albi. Ce renouveau se traduit par la production de manuscrits liturgiques témoignant d'une parfaite maîtrise technique et artistique : parchemins de très bonne qualité, mise en page aérée, écriture caroline élégante et richesse chromatique des majuscules et initiales ornées. C'est la naissance du style ornemental albigeois. Par rapport à d'autres enluminures du domaine aquitain, celles de Saint-Martial de Limoges par exemple, celui-ci se caractérise par une prédominance presque excessive mais majestueuse des décors d'entrelacs et de palmettes, l'absence d'éléments historiés ou humains et la rareté drastique d'éléments zoomorphes : animaux fantastiques ou aigles.

Comme d'autres ateliers français, ce renouveau culmine autour de 1100, date à laquelle le scriptorium est dirigé par l'archidiacre Sicard. Ce scribe s'est sans doute formé et a commencé son activité autour de 1100. Au moins trois manuscrits liturgiques (Mss. 3, 5 et 6) lui sont attribués avec certitude, car il les a signés, et un quatrième (Ms. 13) peut également lui être rattaché.

La louange des morts

Photo du manuscrit 7Voir l'image en grand Manuscrit 7Enfin, en point d'orgue, l'exposition se termine sur la présentation des quatre livres des morts de la cathédrale, datant du XIIe siècle pour les deux plus anciens, et du début du XVIIe siècle pour le plus récent. Le livre des morts – appelé aussi obituaire - est le livre sur lequel les clercs notent les noms et les dates de morts des défunts pour lesquels ils célèbrent des offices. Par rapport à d'autres villes, il faut ici souligner l'exceptionnelle richesse des obituaires de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi. Il n'y a par exemple aucun obituaire conservé pour la cathédrale de Castres, et celui de Lavaur, cité au XVIIIe siècle dans la Gallia Christiana, est aujourd'hui perdu ; un seul est connu pour la cathédrale de Toulouse, encore est-il très récent puisqu'il date du XVIe siècle.


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